L'histoire du chauffage

Feu dans une cheminée

Connaissez-vous l'histoire du chauffage? Radiateur.org vous propose un panorama rapide des différentes innovations en la matière.

Au commencement...

L’Homme s’est d’abord chauffé grâce au feu. Avant que l’ « homo erectus » ne parvienne  à le domestiquer, c’est-à-dire à le provoquer lui-même à l’aide de silex ou de bois, il lui fallait attendre que la foudre tombe pour y avoir accès, et donc l’entretenir. De là découlent sans doute les cérémonies du feu sacré qui existent, aujourd’hui encore, dans certaines tribus. La mythologie s’est elle aussi emparée de ce sujet puisque le personnage de Prométhée est celui qui, faisant preuve d’un orgueil démesuré, vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Il est sévèrement puni par Zeus qui le condamne, enchaîné à un rocher, à se faire dévorer le foie par un aigle, jusqu’à ce qu’Héraclès le délivre. Le feu a donc une dimension sacrée.

A partir de là, l’habitat de l’Homme n’a cessé d’être repensé autour du « foyer ». Le mot « foyer » vient du latin « focus » qui signifie à la fois « foyer », endroit où se consume le feu, mais aussi, par extension, « maison ». Il désigne même, dans certains cas, la famille. Le feu, grâce à ses nombreuses propriétés, est celui qui rassemble. A cette époque, c’est le bois qui constitue le principal combustible, même si chez les Romains, toutes sortes de combustibles étaient brûlés dans des foyers en céramique sur trépieds, sortes de brasero mobiles.

Qu'est-ce que l'hypocauste?

D’autre part, les Romains, même si le système existe déjà chez les Grecs, perfectionnent l’hypocauste. Le mot grec « hypocauston » signifie « chauffage en-dessous ». Il s’agit d’un système de chauffage utilisé dans les maisons luxueuses et les thermes, lieux incontournables dans la civilisation romaine. L’hypocauste peut être considéré comme l’ancêtre du chauffage central : un foyer, situé à l’extérieur, produit de la chaleur qui circule sous le sol surélevé de 40 à 50 cm par des pilettes (= piliers de briques). Des briques creuses parcourent également les murs pour permettre à l’air chaud de circuler.

L'avènement de la cheminée et du poêle.

Dès l’Antiquité, le principe de la cheminée est également utilisé dans le monde méditerranéen. En France, il faut attendre les invasions romaines pour la voir apparaître. Durant cette période, elle n’est qu’un objet utilitaire qui sert à chauffer l’habitat et à cuisiner. Ce n’est qu’au XIIe siècle qu’apparaissent les cheminées décoratives.

Parallèlement, dans certaines régions comme l’Alsace par exemple, apparaissent les poêles en céramique, qui évoluent du XIIIe au XIXe siècle. Le poêle en faïence remonte donc  au Moyen-Age, même si, à cette époque, il était réservé aux gens de cour et aux classes sociales aisées. Son principe est simple : la chaleur produite par le feu circule au milieu des briques réfractaires, qui accumulent la chaleur et la restituent. Le bois est utilisé comme combustible. Ensuite, naît le poêle en fonte qui se répand grâce à l’industrialisation. Son apparition contribue largement à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Le chauffage "moderne".

Dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, la réflexion sur le chauffage des grands ensembles est engagée, pour des raisons économiques d’abord. En effet, ce n’est qu’au XIXe siècle que l’on commencera à s’intéresser au confort. C’est alors qu’apparaît le chauffage central, dans sa forme la plus simple, très éloignée des systèmes que nous connaissons aujourd’hui : des tuyaux, reliés à un poêle central, sont installés dans les murs et distribuent l’air chaud. Puis, nous passons d’un système calorifère à air chaud à un système calorifère à vapeur grâce à James Watt, inventeur de la machine à vapeur. A la même époque naît le radiateur : il s’agit d’un appareil qui reçoit la chaleur et la restitue. Peu à peu, l’eau chaude viendra concurrencer la vapeur. La généralisation du système de chauffage central à eau chaude ne se fera qu’après 1930. L’avantage est qu’il permet également de disposer d’eau chaude sanitaire.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, toutes les habitations ne sont pas chauffées. Si elles le sont, elles ne bénéficient pas de chauffage dans toutes les pièces. Bien souvent, les systèmes cohabitent. Les pièces qui sont chauffées ont un équipement dédié au chauffage. Dans les années 1950, le chauffage central « organisé » fait son apparition.  La chaleur est produite dans des chaudières au fioul ou au gaz. Les pièces sont chauffées par les radiateurs. Une régulation globale devient possible et le confort s’améliore.

Dernière grand innovation en matière de chauffage : le chauffage électrique. En 1971, après plusieurs années de travail, le chauffage électrique est commercialisé. Plusieurs appareils issus de la recherche et des nouvelles technologies vont voir le jour durant cette période. D’abord, le convecteur : l’air froid entre par le bas, est chauffé par une résistance et ressort par la haut ; l’air chaud se diffuse alors dans la pièce. Les convecteurs ont rapidement la réputation d’être très énergivores et d’entraîner des écarts de température à l’origine d’un certain inconfort thermique (sensation de pieds froids par exemple). Ensuite, le panneau rayonnant : une plaque est chauffée par une résistance et émet de la chaleur sous forme de rayonnement et de convection. Là encore, le confort thermique n’est pas optimal puisque la chaleur n’est pas diffusée de manière homogène par ces appareils qui possèdent peu d’inertie. Puis, le radiateur à accumulation : il emmagasine la chaleur la nuit, grâce à des matériaux réfractaires, et la diffuse la journée. Cela permet de faire des économies mais soulève, une fois encore, le problème du confort puisqu’il faut attendre, lorsque la chaleur est épuisée, que les briques se rechargent pour pouvoir en rediffuser. Les radiateurs à accumulation sont en outre très lourds et très volumineux. Enfin, dernier né et très compétitif dans le domaine du chauffage électrique : le radiateur à inertie. En effet, il permet d’associer les trois fonctions précédemment citées : convection, accumulation et rayonnement  en assurant ainsi un meilleur confort thermique et une meilleure qualité de l’air.

L’histoire du chauffage a donc connu de nombreuses évolutions. Cependant, l’Homme s’est toujours inspiré de la Nature (le feu) et des systèmes mis au point par ses ancêtres (hypocauste) pour les perfectionner et inventer de nouveaux modes de chauffage, de plus en plus performants. Les enjeux, d’abord économiques, ont peu à peu évolué eux aussi. En effet, la question du confort thermique s’est rapidement posée. Aujourd’hui, les préoccupations des fabricants de chauffage restent les mêmes, mais à celles-ci s’ajoutent les problèmes liés à la préservation de l’environnement et à l’épuisement des ressources en énergies fossiles. Dans le domaine du chauffage, il est donc indispensable de se remettre constamment en question afin de pouvoir toujours proposer les meilleurs produits aux utilisateurs.

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